Thierry Spencer nous fait un retour très intéressant de sa participation à la mission UBIFRANCE à Boston et New York.
L’intérêt ne réside pas tant dans le sujet général, que chacun de nous a probablement déjà perçu, c’est à dire que le web pèse négativement sur la distribution de proximité, que dans les chiffres qu’il nous relate et qui donne du corps à ce qui n’est plus une impression.
Tout d’abord, les fermetures d’enseignes emblématiques, comme Tower Records, His Master Voice et tout récemment les 23 points de vente de Virgin.
Mais surtout le parallèle entre la croissance spectaculaire du e-commerce dans certains secteurs, avec un taux de pénétration qui commence à équivaloir celui de la distribution traditionnelle nous conduit à imaginer un monde sans magasins dans nos villes.
Thierry attire notre attention sur une autre étude, qui compare le panier moyen pour une chaîne de textile, d’un client internet, d’un client magasin et enfin d’un client multicanal. On a respectivement 34 pour le « web only », 47 pour le « retail only » et 100 pour le multicanal. Cela illustre bien mes propos sur l’obligation qui est faite au e-commerçant de sortir de l’illusion que le « web only » est la solution optimale.
Pour ce qui est de sa conclusion, Thierry appelle les distributeurs à inventer le modèle économique de demain et surtout à ne pas se tromper de terrain : se lancer dans la guerre des prix en magasin et enrichir l’expérience d’achat sur internet, c’est l’inverse de ce qu’il faut faire.
Pour ma part, je reste convaincu que le multicanal est la meilleure option. Le magasin de proximité est le meilleur facteur de confiance pour l’internaute qui sait qu’il pourra obtenir conseil, écoute, réparation sur place en cas de besoin. On voit bien la part prise en e-business par la SNCF, la FNAC, Nouvelles Frontières, etc… On voit bien l’orientation de certain purs players internet à l’ouverture de magasins de centres villes.
Pour autant, il reste à trouver le modèle économique qui permettra de maintenir des magasins qui pratiqueront les prix du web. Tant qu’ils généreront un surcroît suffisant de chiffre d’affaires et de marge, l’équation sera relativement plus facile à résoudre. Reste que pour la plupart, les prix sur internet sont tellement tirés vers le bas pour parvenir à rester visibles, que le financement des réseaux de détail vont devenir leur chemin de croix.
Ceux qui espèrent avoir trouvé la solution en créant des gammes différentes pour les deux réseaux, physique et en ligne, font à mon avis fausse route. Ils détruisent la synergie entre eux et du coup, perdent toute chance de trouver le modèle final.
Mais l’avenir est en marche, son accélération est foudroyante et nous ne tarderons plus à connaître les premiers verdicts.
La fermeture des 23 magasins Virgin est une alerte majeure pour tous. Voyons qui fera preuve de créativité et donnera à chaque canal sa valeur maximale.
Merci Thierry.
http://sensduclient.blogspot.com/2009/07/la-menace-du-web-pour-les-magasins.html